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Sirene

flo_nelja in kinkenstock

[Fic] Détour (Mythologie grecque, Hélène/Ménélas, PG-13)

Titre : Détour
Auteur : flo_nelja
Fandom : Mythologie grecque
Couple : Hélène/Ménélas
Rating : PG-13
Disclaimer : Je n'ai pas créé ces personnages, beaucoup les ont écrits bien mieux que moi.
Nombre de mots : ~750
Prompt : Mythologie grecque - Ménélas/Hélène - Voyage de noce - A la fin de la guerre de Troie, Ménélas récupère Hélène et ils décident de rentrer chez eux. Mais ils se perdent. Donc, voyage de noce
Note : J'ai sauté le passage où ils se perdent, ça compliquait trop ma timeline. ^^
Avertissement : Hum, si on prend le fait qu'Aphrodite a donné Hélène à Pâris en récompense comme un fait et pas comme une métaphore, ça fait du dubcon assez creepy. Si vous l'aviez déjà réalisé, il n'y a rien de traumatisant dans cette fic. Hum, à part la chute de Troie. C'est sanglant. Vous savez quoi, j'avais mis PG comme rating au début, mais je vais monter à PG-13.



Les cheveux d'Hélène flottent au vent, longues boucles d'or et de légende, alors que le bateau s'apprête à repartir pour la Grèce.

Ménélas sait maintenant qu'il ne la tuera pas. S'il avait dû le faire, cela aurait été le premier jour, quand il l'a trouvée dans Troie en flammes, hautaine et désespérée, parfaitement coiffée, sa robe défaite seulement pour mieux révéler ses formes. Elle berçait une épée, comme un enfant, comme une défense.

Hélène vit, et il entend les autres rois Grecs murmurer dans son dos des paroles méprisantes. Il est faible, il l'a toujours été.

Ménélas la tenait à la pointe de sa lame, et elle a clamé, la voix et les traits plus durs que si elle était statue, ne me reproche pas Pâris ! Reproche-moi Deiphobe, que tu viens d'égorger, surpris sans défense parce que j'ai dissimulé son épée que voici. Reproche-moi même les amants que j'aurais pu avoir et que j'ai choisi d'écarter lors de nos premières années. Mais jamais ne me reproche Pâris, qui a soudoyé Aphrodite pour que je croie désirer passer dix ans de ma vie dans le lit d'un lâche !

Ménélas l'a alors embrassée, comme s'il n'était pas venu ici pour la reprendre de force, ou pour prendre sur elle une terrible vengeance, mais pour la sauver. Elle tenait encore l'épée. Si elle avait voulu l'enfoncer juste au défaut de sa cuirasse, elle l'aurait pu. Il le savait.

Et maintenant, il a goûté à ses étreintes à nouveau, et bien sûr, il ne la tuera pas. Et même les rois grecs les plus violents, ceux qui n'ont pas peur de l'insulter, ne peuvent dissimuler leur jalousie renouvelée. Oh, ils auraient préféré que plus personne ne l'ait jamais.

Les femmes Troyennes l'insultent quand elle passe, et elle se tient droite et hautaine.

- Pendant que leur petit prince préférée m'a ensorcelée, je n'étais qu'une poupée entre ses mains, dit-elle. Après sa mort, je me suis battue pour mon pays. Les Troyens peuvent me haïr pour cela, comme elles haïssent les massacres des Grecs, mais je n'ai rien à me reprocher de plus qu'eux.

- Deiphobe ?

- J'ai dit que je m'étais battue, et ma beauté est l'arme que je tiens des dieux comme les héros leur force. J'avais besoin d'un protecteur contre les milliers de Troyens qui voulaient ma mort. Il aimait trop mon corps, même s'il me haïssait, comme eux tous. S'il ne m'avait pas épousée, Diomède et Ulysse auraient péri dans les murs de Troie, capturés comme espions ! Je ne regrette rien.

- Fille de Zeus, murmure doucement Ménélas, tu mens mal.

Hélène se crispe.

- Pâris a tué Achille pour empêcher un traité de paix ; s'il épousait Polyxène, je serais rendue. Achille était pour moi juste un nom, mais Polyxène ne me détestait pas ; je l'avais connue encore enfant. Elle est morte sur son tombeau, et ce jour-là, j'ai aimé plus Pâris, pour avoir empêché qu'on nous sépare. Je ne me suis réveillée de l'enchantement d'Aphrodite que quand il est mort, et cela fait plusieurs mois. Alors oui, je n'ai plus de larmes maintenant pour pleurer ce qui n'est pas ma faute.

- Le grand Héraclès a tué sa femme et ses enfants lors d'une folie envoyée par les dieux, et il n'en a pas moins payé.

- Mon époux, cite-moi un seul homme, grec ou troyen, qui ne me traîne pas dans la boue. Je paie chaque jour.

Il la regarde, et voudrait la croire, voudrait ne pas imaginer que si ses mensonges sonnaient si faux tout à l'heure, c'était juste pour préparer la piste de ceux qui sont plus importants.

- Hélène, murmure-t-il encore, te rappelles-tu le jour où je t'ai ramenée chez moi depuis la maison de ton père ?

- Très bien. Ton cheval allait si vite que le paysage sur le bord de la route se brouillait à nos yeux, et j'ai pensé que tu avais très peur que je change d'avis.

- Peut-être, cette fois, pourrions-nous prendre notre temps ? Vers le sud se trouve l'Egypte. Il existe certainement des terres loin de la Grèce et de Troie, où on n'a jamais entendu parler d'Hélène dont la beauté entraîna une guerre, du moins pas assez pour la reconnaître et la détester ?

Elle se jette dans ses bras, et un instant, ils sont jeunes à nouveau, il peut imaginer que la guerre et le sang ont laissé leur marque dans l'histoire sans faire de tache dans leur amour, ou du moins aucune qu'on ne puisse effacer.

Et elle acquiesce quand il lui demande, tout doucement, comme un secret, Hélène, veux-tu m'épouser à nouveau ? Je crois que nous ne l'avons pas fait correctement la première fois.

Comments

Squeee !!
Qu'est-ce que c'est bien écrit.
Qu'est-ce qu'Hélène est classe.
Et Ménélas mignon en amoureux.
Maintenant, je les shippe fort, mais vraiment très fort.
Et la dernière phrase *_________*
Merci, merci beaucoup !
Merci !
Ha ha, ça a été dur à écrire, dans le sens que j'avais d'autres bouts de dialogue qui ne voulaient pas rentrer dans la timeline, et au total, j'aurais dû alterner les points de vue, ce qui est difficile à gérer (et puis bon, peut-être qu'en vrai je ne veux pas qu'on sache si Hélène est sincère ou pas ;-) )
Mais voilà, ma version du ship est celle du chant 4 de l'Odyssée !
Superbe ! Les dialogues sont très bien gérés, Hélène est pleine d'ambiguité, et tu réussis à rendre Ménélas sympathique alors qu'à mes yeux il a toujours souffert du syndrome "Charles Bovary" (le mari cocu trop faible et lâche pour ne pas accorder le pardon à sa femme infidèle :p). Aussi, j'ai cru entendre des échos de Giraudoux. :) Un grand bravo !
Merci !

En fait, pour savoir si Ménélas avait raison d'accorder son pardon à sa femme, pour moi, ça dépend entièrement de si le fait qu'Aphrodite a fait tomber Hélène amoureuse de Pâris était vraiment une interférence magique, pot de vin pour la pomme d'or, ou juste une métaphore pour de l'amour "naturel".

Dans la version la plus surnaturelle du récit - qui est celle que je lisais enfant - c'est le premier cas, et je trouve ça bien de la part de Ménélas, au contraire, de réaliser que voilà, Hélène est une victime de quelque chose de super-glauque avant d'être une coupable (ce qui ne l'empêche pas d'être potentiellement une chieuse amorale et flirty, mais ça n'a jamais justifié de se faire utiliser comme trophée de cette façon).

Bien sûr, si on lit ça comme une métaphore, elle est en train de le manipuler en beauté, mais au moins, avec des prétextes crédibles. :-) J'ai fait exprès que ça reste ambigu.
Moi, je ne shippe guère ce couple : Hélène m'a toujours paru l'archétype de la femme facile, au mieux bécasse sans cervelle, au pire manipulatrice sans scrupule et Ménélas... ben, le rôle de mari cocu n'a jamais été très classe, surtout quand la chose est tellement connue que deux peuples se sont bouffés le nez pour ça... Ceci dit, j'avoue que je trouve ta fic très bien écrite (comme d'hab) et que j'aime assez le portrait que tu fais de l'un comme de l'autre. Good job ! J'aime particulièrement le fait que le rôle d'Hélène reste trouble jusqu'au bout : garce manipulatrice ou victime ? Faut reconnaître qu'elle tout de même bien su changer de camps au moment opportun.
Comme je le disais, j'ai commencé avec des versions où la séduction d'Hélène par Pâris était purement magique, et... je crois que je dois faire une réaction au fait que "se faire séduire par les moyens magiques, enlever et abuser sexuellement" te donne une réputation de fille facile :-( Et qu'un mari qui sont capable de comprendre ce genre de consent issues subtiles passe pour un faible et un louzeur. :-(

Bien sûr, il y a des versions où ce n'est pas surnaturel, ou c'est juste une excuse ou une métaphore, mais j'ai l'impression que les gens qui défendent celle-là ne se rendent même pas compte des implications dans le cas surnaturel, ils ont leur vision négative du perso, un point c'est tout. Donc j'ai tendance à défendre Hélène - j'aime bien l'écrire en garce aussi, mais celle du chant 4 de l'Odyssée a quand même la classe, quoi !
Magnifique. Ton style est superbe, j'adore comment tu écris Hélène, à la fois supérieure et grandiose et pourtant humaine, et la narration par Ménélas qui ne la pardonne pas mais qui est fou d'elle quand même... La fin est vraiment belle :)
Merci beaucoup !
C'était très cool à écrire, et frustrant en même temps, j'ai eu plusieurs bouts de texte qui me plaisaient bien mais ne sont pas arrivés dans la version finale.
Oh, je crois qu'il finit par lui pardonner, dans la fic, mais ça ne veut pas dire qu'il sera d'accord avec toutes ses raisons ! :-)
Wow, c'est trop joli.

L'écriture, déjà,est superbe. Il faut le dire. Le styele correspond impeccablement à ce genre ce récit de légendes, avec tout ce qu'il y a d'épique, là-dedans. Et j'adore la manière dont tu as traité ces deux personnages et leur relation. En effet, ça se tient tout à fait et c'est une vision intéressante.

Et la dernière phrase... Génial.
Merci beaucoup ! :-)
Dans l'Odyssée, ils sont présentés, après Troie, en couple heureux, et après ce qui s'est passé, on se demande comment ils en sont arrivés là. :-)

February 2014

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